Mes services

Vous êtes responsable d'une association, d'une crèche, d'une maison d'assistante maternelle, d'une école ...?

Je vous propose une intervention pour rappeler les bases fondamentales du développement de l'enfant et les missions de l'adulte pour aider l'enfant à s'épanouir. N'hésitez pas à me contacter pour en parler.

"....chez l'enfant, les sensations, les désirs et les centres d'intérêt prennent des formes physiques... Si une formule unique pouvait guérir les maux de nos actuelles méthodes d'éducation, elle serait nécessairement physique : rendez-leur leur corps". George DENNISON, The lives of Children

Une intervention en MAM en février 2024. Le plan de cette intervention :

Développement de l'enfant et réflexes archaïques

La place et les missions de l'adulte auprès des enfants


1) Les réflexes archaïques (source "L'alphabet du mouvement", module 1 de la formation IMP, Intégration Motrice Primordiale)

● Définition 
● Fonctions 
● Résolution/intégration 
● Causes de la non-intégration des réflexes archaïques 
● Prévenir l'équilibre des réflexes
● Exemple d'utilisation d'une chaîne de réflexes 


2) Les lois du développement psychomoteur (5 lois)
Exemple du RTSC (Réflexe Tonique Symétrique du Cou)
Exemple d'un réflexe de vie : le rayonnement du nombril

3) Le développement intellectuel de l'enfant (PIAGET)
● Le stade sensori-moteur (0-2 ans) : l'intelligence pratique
● Le stade pré-opératoire (2-6 ans) : l'intelligence intuitive
● Le stade des opérations concrètes (6-11 ans) : l'intelligence concrète
● Le stade des opérations formelles (11-16 ans) : l'intelligence abstraite
Réflexe de protection et réflexe de curiosité

4) Les besoins de l'enfant (source "Etre parents en temps de crise" (Marie-Estelle DUPONT)
● Besoins physiologiques
● Besoins émotionnels
● Besoins d'accomplissement physique et psychique
● Besoins de reconnaissance
● Besoins de stabilité et de repères

5) L'attachement ("L'attachement" de Daniel J. SIEGEL et Tina PAYNE BRYSON)
Le réflexe d'attachement

6) Comment répondre au mieux aux besoins de l'enfant? (tiré du même livre cité ci-dessus)
● Le P.A.R.C. (Protection, Attention, Réconfort, Confiance) 
● Le cercle de sécurité 

Les réflexes archaïques

Pour l'IMP (Intégration Motrice Primordiale), les réflexes archaïques sont à la base du développement de l'enfant. En effet, d'une motricité réflexe, l'enfant va évoluer progressivement vers une motricité volontaire grâce à la maturation neurologique et aux expérimentations sensorielles et motrices. A terme, ces réflexes doivent s'inhiber et n'être "utilisés" qu'en cas de besoin express (situation stressante). Cependant, en cas de manques d'expérimentations, de stress chronique (environnement insécurisant) ou de choc émotionnel, certains réflexes peuvent rester actifs et entraîner alors chez la personne des difficultés au niveau corporel (tensions, manque de coordination,...), émotionnel, cognitif (difficulté à mémoriser,...).
Il existe différents moyens pour aider à l'intégration de ces réflexes : mouvements, bercements, jeux, massages et auto-massages, "remodelage". C'est une méthode corporelle douce de réinformation neuromusculaire. Elle consiste à donner de nouvelles informations aux muscles qui sont reliés au cerveau. Car notre corps peut avoir conservé des vécus plus ou moins stressants voire traumatisants qui s'expriment dans notre tonicité musculaire et influencent notre comportement et nos relations (on appelle cela le dialogue tonico-émotionnel en psychomotricité). En intervenant sur l'état de tonicité de nos muscles (et ils sont nombreux dans notre corps), nous permettons à notre être entier de s'ajuster dans l'expérience du présent.

L'exemple du Réflexe Tonique Symétrique du Cou (RTSC)

Ce réflexe participe à la mise en place de la reptation croisée puis du quatre pattes. Le développement psychomoteur répond à plusieurs lois dont la loi de succession : à savoir que les acquisitions se font dans un ordre précis. Ainsi, si votre enfant n'a pas fait de quatre pattes, il n'a certainement pas intégré le RTSC. Il peut donc avoir des difficultés dans les apprentissages, dans sa posture ou des problèmes d'attention ou d'agitation. Il peut aussi compenser fortement en dépensant beaucoup d'énergie dans le maintien d'une posture adéquate. Il est possible de l'aider à intégrer ce réflexe.
Voici un lien pour observer ce qu'est le RTSC avec Paul LANDON, créateur de l'IMP :
https://www.reflexion-movement.com/ressources/RTSC.html

Un mot sur l'enfant

Je constate depuis quelques années un décalage entre le développement de l'enfant et ce que l'adulte et la société exige de lui. Ainsi, j'ai le sentiment que l'enfant est perçu comme un adulte en miniature. Alors que l'enfant est connecté à ses besoins fondamentaux et émerveillé de manière innée (réflexe de curiosité), j'observe une déconnexion rapide de ses besoins et de ses capacités d'émerveillement (cette observation est quasi systématique chez l'adulte). L'enfant subit notamment la vie trépidante que lui inflige l'adulte. Je citerai l'exemple évocateur des chaussures à scratchs qui débordent des rayons des magasins. Alors que l'enfant doit savoir faire ses lacets entre la grande section de maternelle et le CP, les chaussures à scratchs sont tellement "pratiques" qu'elles participent à l'écroulement du développement de la motricité fine. Quand on prend de la hauteur, on peut constater que les normes de la société actuelle ne participent plus à l'épanouissement de l'être. Entre l'invasion des écrans qui rend l'enfant (et l'adulte...) très passif, le manque de mouvements, l'intellectualisation massive de notre rapport au monde, l'être humain a perdu pieds...

Remettons le mouvement au coeur de notre vie, afin de répondre tout simplement aux lois du vivant, comme le propose l'Intégration Motrice Primordiale (IMP) et son approche des réflexes archaïques.

Un mot sur l’adulte 

Je souhaite aborder ici la question de l’autorité. Ce mot est mal perçu voire rejeté par une partie des adultes. Ariane BILHERAN s’est penchée sur la question dans son livre « Psychopathologie de l’autorité ».    Je m’inspire ici de ses recherches et réflexions. 

"L'autorité nous rassemble autour de la question de la valeur des paroles et des actes".


Ainsi, l’autorité est souvent associée à la domination : dans ces cas-là, nous avons à faire à l’autoritarisme et à l’emprise. L’autorité, à l’inverse, doit inspirer l’autre, l’élever. L'autorité, notamment, limite, contient, et par voie de conséquence, sécurise. Une parole juste et empreinte de valeurs morales (justice, vérité, intégrité,...) reste le socle de cette autorité.

Ainsi, l’adulte doit incarner cette autorité afin de civiliser, d’humaniser l’enfant qui, lui, est aux prises avec ses pulsions (frustration, immédiateté,...). L’objectif de l’éducation est d’aider l’enfant à maîtriser ses pulsions qui sont inhérentes à la vie humaine et qui feront toujours partie de la vie. Car il faut maîtriser ses pulsions pour développer son intelligence, son esprit critique, sa capacité à être en lien avec les autres. Le pulsionnel, par définition, est difficilement contrôlable. 

Maîtriser ses pulsions passe notamment par prendre le temps de les déceler pour observer dans quelles mesures elles gouvernent nos vies. Or, on ne peut prendre de la hauteur qu’en prenant le temps de vivre : une bonne partie de l’évolution de l’Homme réside dans sa capacité à s’arrêter, contempler, pour être capable ensuite de discerner les ressentis et les informations reçus. 

Pour moi, les adultes doivent faire preuve de discipline et d’autorité s’ils veulent transmettre la capacité à leurs enfants de gérer, d’apprivoiser leurs pulsions. C’est tout l’enjeu d’une société pour qu’elle fonctionne au mieux, avec l’ensemble des individualités. 

L’autorité ne se réduit pas à une répression des pulsions, celui qui l’incarne (parents, éducateurs, enseignants, adultes en général) doit donner l’envie à l’enfant de l’imiter, lui ressembler, l’influencer « positivement ». Car l’enfant est conscient de son état de fragilité et a donc besoin d’exemples vers qui se tourner pour s’y appuyer, en attendant de développer ses propres appuis. Et cela prend du temps, je ne le répèterai jamais assez ! 


Cela nécessite donc un regard porté sur soi-même en tant qu’adulte sur ce que nous véhiculons auprès des enfants. C’est d’abord par son exemplarité en paroles et en actes que l’adulte a un effet sur l’éducation des enfants. Exemplaire ne veut pas dire parfait, mais les mots et les actes de l’adulte doivent être congruents et incarnés. 

Caroline MOUILLÉ, janvier 2025 



Un mot sur la société

Je vous partage ici mon point de vue sur la société.

Ainsi, je pense que nous vivons dans une société paradoxale où les adultes sont infantilisés et à l’inverse, les enfants sont responsabilisés. Cette inversion est très problématique, pour les enfants notamment, qui ont besoin de s’appuyer sur la force, la raison et l’équilibre des adultes pour développer progressivement une sécurité intérieure, laquelle est indispensable pour faire leurs choix quand ils seront adultes. 

Or, je peux observer une infantilisation permanente des adultes à différents niveaux (il existe de nombreux exemples) :

- au travail/administration publique : multiplication des « protocoles » qui font plus appel à l’obéissance qu’à la réflexion. Hiérarchies multiples qui déresponsabilisent chacun dans ses rôles. Il est plus facile et confortable pour le psychisme d'obéir que de se sentir responsable de ses actes et paroles.

- en famille : profusion d’informations pour dire comment élever ses enfants, mails de la CPAM pour penser aux rdv chez le médecin, le dentiste,…

- en société : messages sur la route (pollution, vitesse,…), diminution de l’esprit critique via le « prêt-à-penser » véhiculé par les médias (TV, radios, presse écrite), les factcheckers pensent à notre place en nous disant quelles sont les vraies et les fausses informations,... 
- nouvelles "habitudes" : sous couvert d'écologie, certains adultes se déplacent en trotinette qui est un jeu pour enfant à la base. Les téléphones portables sont devenus des jouets pour adultes avec les objets connectés.


A l’inverse, les enfants sont au coeur d’un système qui ne prend pas en compte leur âge, ni leurs besoins (l’enfant est séparé de sa mère à deux mois et demi !!!). Les enfants ne sont pas des adultes en miniature : leur cerveau « rationnel » n’est mature qu’entre 20 et 25 ans.

L’enfant est un être fragile et dépendant qui a besoin d’un tuteur pendant de longues années. Or aujourd’hui, et depuis trop longtemps, on lui demande d’être adulte avant l’heure : on lui demande son avis sur tout, il subit un rythme de vie beaucoup trop élevé, on l’abreuve de « réalités » qu’il n’est pas en capacité de digérer et encore moins de s’approprier. Ajoutons à cela la multiplication de livres pour enfants sur le corps (qu'ils doivent protéger), sur le consentement (c'est un non-sens car il faut avoir les tenants et les aboutissants d'une situation pour avoir accès au consentement) : c'est à l'adulte de protéger l'enfant !!! Sans compter les programmes scolaires sur la prévention du harcèlement (on leur dit ou montre ce qu'il ne faut pas faire ?!), ou bien les cours d'éducation à la sexualité (ce mot n'a rien à faire dans les oreilles d'un enfant de primaire ! Je vous conseille de lire à ce sujet l'excellent livre d'Ariane BILHERAN "L'imposture des droits sexuels" ). Encore une fois, c'est à l'adulte de veiller sur les enfants. Mais la méconnaissance du développement de l'enfant fait faire des choix inadaptés aux adultes. Les institutions, de manière générale (dont la famille et l’école), projettent leurs peurs de manière inconsciente sur les enfants et cela impacte voire empêche le développement de leur sécurité intérieure. Le paroxysme du paradoxe de cette société reste la période COVID où on a demandé aux enfants de protéger les adultes !!!

La peur paralyse : elle entraîne, de fait, une pensée réduite, un repli sur soi voire une méfiance vis à vis de l’autre (d’où l’augmentation de la violence).

Prenons conscience que la peur gouverne notre société depuis de longues années et s’est amplifiée depuis ces dernières années. Cela ne peut qu’affecter nos vies, nos choix, nos relations, ainsi que les missions d’éducation des enfants qui incombent aux adultes.


Alors, reprenons le gouvernail de nos vies qui nous a été retiré subrepticement au fil des années par une organisation de la vie en société (donc des choix politiques...) qui place l’adulte à un niveau d’enfant.

Caroline MOUILLÉ, janvier 2025

Un mot sur l’impact de notre mode de vie 


 Je ne peux exercer mon métier sans prendre en compte l’organisation de notre société, et donc, l’environnement dans lequel l’enfant baigne très tôt. 

Ainsi, lorsque je me penche sur la vie de l’enfant, dès in-utero, je m’aperçois que l’accompagnement de la femme enceinte, puis de la mère, est jalonné de stress, pour l’un (mère), comme pour l’autre (enfant). Ma réflexion porte ici sur la mère car, étant porteuse de l’enfant, le lien mère/enfant est à considérer comme une continuité évidente (fonction maternelle). La question du père reste elle aussi primordiale et à relier avec l’autorité (texte déjà écrit), tout aussi fondamentale pour l’individu et pour la société (fonction paternelle). 

 

Dès le début de la vie, 
une mainmise de l’Homme sur la nature 

● Dès les premiers mois de grossesse, la future mère est soumise à différents tests ou protocoles, censés prendre soin du bébé. Le milieu médical s’est emparé de cet état comme si ce dernier relevait d’une maladie. Cet accaparement de la grossesse par le milieu médical a pour effet de mettre la femme de côté, la laissant aux mains de professionnels « qui savent ». Ainsi, la grossesse et l’accouchement sont passés d’un moment « naturel et normal » à un moment potentiellement « pathologique », quels que soient les risques pour la femme et l’enfant : tests urinaires, prises de sang, questionnaires, vaccins, échographies,... Cette généralisation du suivi de grossesse et d’accouchement place la femme à un niveau d’être incapable à ressentir ce qui est bon pour elle et son bébé. Si nous nous fions à la réalité, seulement une part des suivis de grossesse et accouchement nécessite un suivi médical rapproché. 

 

Pour l’accouchement, la position de la femme sur le dos, les pieds dans les étriers, est anti-physiologique. Le bassin est bloqué dans cette position, ce qui ne favorise pas la sortie naturelle du bébé. Or, ce dernier participe activement à sa sortie : grâce aux réflexes archaïques, il se hisse vers le bassin et se déplace jusqu’à la sortie, dans un jeu de pressions et de mouvements entre la mère et l’enfant. 


 

Très rapidement donc, dans la vie de tout être, ce que nous appelons progrès et avancées technologiques empêchent le naturel de la vie de se déployer. La nature est-elle devenue gênante ? Paradoxalement, les messages sur l’écologie foisonnent pour prendre soin de la terre. Les paradoxes génèrent des confusions de pensée. Or, ces paradoxes sont omniprésents dans notre société. 


 

Après l’accouchement: 
la continuité d’une symbiose à respecter 

● Viennent ensuite les premiers jours de bébé et les premiers mois et années de vie en dehors du cocon utérin. Les lectures et conseils, pris ça et là, s’entrechoquent avec les émotions débordantes liées à l’arrivée du bébé. Je peux parfois observer, en tant que psychomotricienne, une tendance pour les mères à rester focaliser sur ce qu’elles ont appris ou leur idéal d’éducation, en omettant d’observer les besoins réels de l’enfant dans le moment présent. Les mères doivent reprendre leur pouvoir en se connectant à elle-même, à leurs ressentis et en se faisant confiance. Cela  n’empêche pas de demander conseil parfois. 


 ● Alors que le bébé vient à peine de prendre contact avec le milieu aérien, le congé maternité prend fin. À deux mois et demi (congé maternité officiel en France), le bébé est déjà séparé de sa mère pour aller dans d’autres bras, découvrir de nouvelles odeurs, de nouvelles voix, vivre une surstimulation (notamment en crèche avec le changement de personnel et les autres enfants). Cela engendre de nouveau un stress que le cerveau doit gérer. 

Une large partie du monde « psy » considère l’attachement comme fondamental dans le développement de l’enfant. Comment l’enfant peut-il développer un attachement secur en étant séparé si tôt de sa mère ? Nous voyons ici le décalage net entre ce que nous savons qu’il est bon de faire, et ce qui est effectivement proposé dans le réel. Cet attachement est primordial pour développer un sentiment de sécurité chez l’enfant. Ce sentiment de sécurité permet ensuite à l’enfant d’étendre sereinement son cercle environnant. Le « détachement » mère/enfant doit se faire progressivement. 

 

« L’ouverture au monde » : 
une obsession adulte ? 

● J’entends souvent dire qu’il faut « ouvrir l’enfant au monde », cela apparaissant même dans des projets de crèches. Les besoins de l’enfant sont tout l’inverse : nous devons lui apprendre à se connecter à ce qu’il ressent, et cela se passe à l’intérieur de son être. Ces ressentis sont primordiaux car ils guident l’enfant, puis l’adulte, dans sa vie. Cette tendance générale à vouloir lui faire découvrir le monde incite malheureusement l’enfant à se déconnecter de son être profond. Je me positionne aujourd’hui en disant que l’accueil de l’enfant à temps plein en collectivité (surtout en crèche), est totalement inapproprié avant l’acquisition de la marche qui, sur le plan symbolique, montre une première distanciation possible mère/enfant. 

Faisant suite à cette observation d’une incitation par les adultes à « ouvrir l’enfant au monde », j’observe aujourd’hui de nombreux adultes qui vivent en dehors de leur corps. Il est assez difficile de décrire cet état de désincarnation car il est courant et multifactoriel, de nature et de degré différents. Il peut être lié au stress chronique, à ses blessures d’enfant, à ses peurs, aux injonctions sociales, au rythme de vie trépidant. Tout cela empêche le sujet d’être réellement, entraînant une difficulté, voire une incapacité à se positionner en tant qu’être singulier. Les failles identitaires sont telles aujourd’hui, que certaines personnes sont victimes des idéologies du moment et s’y réduisent. Malheureusement, je perçois davantage des revendications que des aspirations profondes : « je suis vegan », « je suis écolo », « je suis trans », « je suis TDAH »… Ainsi, le « Qui suis-je ?» n’est plus une question existentielle, mais le souhait d’appartenir à un groupe, la société étant éclatée en mille morceaux depuis le déclin de la religion (texte à venir pour développer ce sujet). 

Je peux rapprocher cet état de désincarnation de la notion d’authenticité (qui est donc l’état inverse) : nombreuses sont les personnes qui se cachent, consciemment ou inconsciemment, derrière des masques, un métier, un rôle,… L’authenticité fait appel au courage, à la liberté d’être soi et à la vérité de qui nous sommes réellement. Être authentique ne veut pas dire être dénué de ses peurs et blessures : cela a plutôt à voir avec la conscience de qui nous sommes, des valeurs que nous voulons défendre et incarner. Car avoir des valeurs sans les incarner dans le réel n’a aucune valeur... Tout prend sens quand nous agissons à partirde notre être profond, c’est-à-dire à partir de notre être authentique. 


● J’entends parfois dire de la part des adultes : « J’ai gardé mon âme d’enfant » car ils aiment jouer de manière générale. Aimer jouer ne signifie pas avoir gardé son âme d’enfant. Avoir gardé son âme d’enfant, c’est avoir conservé ses capacités d’émerveillement, se questionner sur le monde qui nous entoure, vivre l’instant présent. Les enfants le font spontanément et ce sont des modèles à suivre sur ce plan-là. Peu d’adultes sont restés dans cet état d’esprit car ils ont « quitté » leur corps. 


L’école : 
une institution qui participe à la désincarnation 

● Vient ensuite le temps de la scolarisation où j’observe une diminution de la manipulation pour apprendre, une tendance trop précoce à l’intellectualisation pour appréhender les apprentissages. Cela ne correspond pas au développement de l’enfant qui utilise son intelligence intuitive en maternelle puis son intelligence concrète en primaire (référence aux travaux de Jean PIAGET). Ainsi, l’instruction, telle qu’elle est enseignée, coupe l’enfant de son corps pour développer uniquement une approche mentale du monde : cela réduit drastiquement le potentiel du sujet. L’intelligence de l’enfant doit s’enrichir au fil des années et associer progressivement intuition et raisonnement. La capacité à inhiber ses pulsions et à gérer ses émotions potentialise cette intelligence : ce qui est difficile à acquérir dans une société de l’immédiateté et du sensationnel. 

Depuis peu (2021 je crois), l’école bénéficie du dispositif Érasmus, initialement prévu pour les étudiants, à partir de la Petite Section de maternelle. Ainsi, les écoles peuvent proposer des voyages en Europe … dès la maternelle : quel non-sens ! 

 

La famille : prise dans l’engrenage d’un rythme infernal 

● J’observe aussi que les enfants ont parfois beaucoup d’activités extra-scolaires et beaucoup trop tôt (dès 3 ans pour certains enfants). L’emploi du temps chargé pousse à un rythme de journée trop intense par rapport aux besoins de l’enfant : cela ne leur permet pas de développer leur imagination et leurs ressources intérieures pour pallier à des angoisses / interrogations inhérentes au développement de l’enfant. L’intensité des journées empêche cette connexion intérieure. Si aujourd’hui, il est courant d’avoir besoin de « se déconnecter », c’est que les journées de travail, les modes de vie sont beaucoup trop intenses et cela ne correspond pas non plus aux besoins de l’adulte. Le développement des pratiques telles que la sophrologie, la méditation, le yoga... répond en fait à un rythme de vie qui n’est absolument pas en accord avec les besoins des êtres humains : ces pratiques peuvent simplement donner l’illusion d’être. Si l’approche par les réflexes archaïques se développe, c’est qu’elle répond à une augmentation de stress dans la population. Car les réflexes archaïques sont une réponse à un stress chronique ou aigu et place l’adulte en mode survie (suractivité du cerveau reptilien). Les réponses à la survie sont connues sous le nom des « 4 F » : 

 - Fight ou combat (tendance à la violence et à l’agressivité) 

 - Flight ou fuite (tendance à l’évitement) 

 - Freeze ou figement (tendance à la sidération) 

 - Fawn ou soumission (tendance à l’obéissance) 

 

L’autonomie : Pour qui ? Pour quoi ? 

● Je poursuivrai en évoquant le terme « autonomie ». Ce terme est largement sur-utilisé auprès des enfants. Trop souvent, les demandes d’autonomie des enfants sont en décalage avec leurs possibilités réelles de développement : le désir des adultes supplante la réalité du développement de l’enfant. Nous ne laissons plus l’enfant grandir à son rythme, c’est « la course à l’autonomie ». Ce décalage génère un stress important chez l’enfant que son cerveau doit gérer en permanence. Ce qui produit ensuite des adultes totalement soumis aux dégâts du stress, adultes qui survivent plus qu’ils ne vivent. Il est tout à fait possible de manger, travailler, discuter, faire du yoga ou du sport en étant totalement « étranger » à nous-même... 


 

L’organisation de la société génère 
des troubles chez les individus 

Ainsi, la vie de l’enfant, puis de l’adulte, est jalonnée par un stress quasi permanent qui n’est pas sans impact sur le développement du sujet. Je me positionne de nouveau pour dire que l’organisation de la société, telle que nous la connaissons et la vivons aujourd’hui, génère des troubles chez les enfants et les adultes (comme si nous n’avions pas suffisamment à faire avec notre histoire personnelle...). 

L’exemple le plus flagrant et qui va tout de suite vous parler est celui du phénomène d’éco-anxiété. Comment être étonné du développement de ce trouble quand nous réalisons l’omniprésence de messages anxiogènes par les médias, l’école (programmes sur le tri sélectif, le gaspillage alimentaire, tous les projets de développement durable), les entreprises (banques, commerces, avec notamment le « bilan carbone »), les affiches dans les villes,... 


 

Concernant précisément les enfants, la terminologie « troubles neuro-développementaux » (TND) est apparue il y a quelques années via les organismes de santé nationaux (*). Ces TND regroupent la totalité des difficultés retrouvées chez les enfants, amalgamant troubles du comportement (TDAH,...), troubles des apprentissages (troubles « dys »), troubles du spectre autistique, troubles moteurs, troubles du développement intellectuel. La définition de ces TND me laisse perplexe puisqu’elle réduit ces troubles à un dysfonctionnement du cerveau, omettant totalement ou presque la question de la relation dans le développement de l’enfant. C’est comme si l’enfant grandissait tout seul ! Pourtant, le lien à l’autre fait partie des besoins vitaux des humains. 

Nous vivons depuis quelques années une « épidémie » de diagnostics qui fige et englue l’individu dans un trouble, sans vraiment faire de lien avec l’environnement. L’individu se présente et s’identifie, comme écrit plus haut, « je suis TDAH », ou bien, « je suis dyslexique ». Non ! Vous êtes des personnes qui avez développés des symptômes en lien avec votre histoire. Le soutien principal se situe alors dans la qualité de la relation établie avec le thérapeute, qu’il soit psychologue, orthophoniste, psychomotricien, ou tout autres professionnels que vous aurez choisis. 

À bien y réfléchir, cette vision des troubles entre parfaitement en résonance avec l’évolution de la société, à savoir une détérioration de la relation à l’autre : éclatement de la famille (divorces, enfants qui habitent loin de leurs parents), éloignement des générations (séparation précoce parents-enfants, personnes âgées en maison de retraite), isolement des individus derrière leurs écrans. 

Dans une salle d’attente d’orthophonistes, je lisais la phrase suivante sur l’explication des TND, faite par une association du secteur médico-social : « Les TND sont fréquents et apparaissent précocément ». Cette formulation normalise les troubles ou difficultés chez les enfants. Non, ce n’est pas normal de développer autant de troubles. L’acceptation ou la normalisation de la fréquence de ces troubles est pour moi synonyme d’une société à bout de souffle. 

 

J’émets quelques hypothèses quant à l’origine des troubles/difficultés chez les enfants : 

- stress chronique que le cerveau doit constamment gérer, ce qui étouffe le développement du néocortex (= cerveau de la logique et de la rationalité qui permet de prendre de bonnes décisions), les possibilités créatrices et l’intuition du sujet. 

- projection sur les enfants des angoisses des adultes : les peurs qui appartiennent aux adultes sont projetées sur les enfants. La multiplication des évènements anxiogènes ces dernières années a largement amplifié ces projections. 

- trop de demandes inappropriées par rapport à l’âge de l’enfant. 

- pauvreté et/ou superficialité dans la relation à l’autre : le développement du numérique et de l’intelligence artificielle a augmenté cette pauvreté relationnelle. 

- omniprésence de messages paradoxaux entraînant des confusions de pensée. 

- vie très éloignée de la nature, et donc des besoins vitaux des humains. 

- perte du sacré ou du transcendental. L’être humain est fait de chair et d’âme. Cette dernière est totalement occultée au profit du matérialisme et du consumérisme. Même une personne qui se dit « spirituelle » peut l’être de manière désincarnée. Ce n’est pas ce que nous faisons ou croyons qui compte, mais d’où nous le vivons.  


 

J’invite les personnes qui liront ce texte à revenir à l’essentiel : ÊTRE. Prendre le temps de vivre, d’être en lien véritable avec l’autre et accorder de la valeur à la nourriture qui entre dans notre corps (nourritures physique, affective, culturelle). 


 Quand nous parvenons à vivre de l’essentiel, nos besoins changent car nourrir correctement « l’intérieur » nous comble et entraîne nécessairement une diminution des  choses venant de « l’extérieur ». De surcroît, cet état d’être intérieur nous permet de trouver des ressources internes insoupçonnées. 


Caroline MOUILLÉ 
psychomotricienne 
Juin 2025  

*https://www.has-sante.fr/jcms/p_3161334/fr/troubles-du-neurodeveloppement-reperage-et-orientation-des-enfants-a-risque

Lien vers un entretien avec Marie-Estelle DUPONT, psychologue 

https://www.youtube.com/shorts/bVvrd7Xlx8E